Le Plan d'action : Ce que nous ferons d'ici à 2010

6. Améliorer la capacité d'intervenir rapidement et garder le cap en première ligne

Justification

Au premier plan : le Canada se mobilise contre le VIH/sida est un plan ambitieux. Pour réaliser ses objectifs et atteindre ses buts, le Canada doit pouvoir compter sur des personnes, des connaissances, des compétences, des ressources et des structures lui permettant d'accroître la sensibilisation, de répondre aux facteurs sociaux qui alimentent l'épidémie, d'intensifier ses efforts de prévention, de renforcer les soins, les traitements et le soutien et de faire preuve d'un leadership mondial. Nous devons être capables d'agir rapidement en première ligne – de répondre rapidement à des besoins urgents tout en gardant le cap – pour concevoir des programmes soutenus à long terme qui mettront fin à l'épidémie.

Le Canada possède déjà un très vaste réseau de personnes et d'organismes spécialisés qui participent à la défense, à l'élaboration de politiques, à la prévention, aux soins, aux traitements, au soutien et à la recherche. Au cours des cinq prochaines années, nous déploierons nos efforts de façon stratégique afin d'améliorer ces services de première ligne. Notre but est de mettre en place et de soutenir un système de services qui peut répondre rapidement aux besoins changeants et nouveaux des personnes vivant avec le VIH/sida et des communautés à risque, au pays et ailleurs dans le monde. Nous devons continuellement réévaluer nos programmes et structures pour nous assurer qu'ils répondent aux besoins et qu'ils mettent à profit les connaissances et les compétences acquises. Par exemple, les besoins des personnes vivant avec le VIH/sida sont-ils mieux comblés par les programmes spécifiques au VIH ou par des programmes plus intégrés qui tiennent compte d'une variété de besoins, tels que les problèmes liés au VIH et à l'hépatite C ou au VIH et à la consommation d'alcool et d'autres drogues? Y a-t-il des façons plus efficaces de planifier et de financer les programmes communautaires? Existe-t-il de meilleurs modèles pour élaborer, partager et intégrer les connaissances, coordonner les services et faire face aux nouveaux problèmes?

Par exemple, dans les plus grandes communautés qui ont une population importante de personnes qui utilisent des drogues injectables, il est possible que les services liés au VIH pour les personnes qui utilisent des drogues injectables soient plus efficaces s'ils sont intégrés à d'autres services de réduction des méfaits et de traitements, y compris les services de diffusion, les programmes d'échange de seringues, les traitements à la méthadone, les services de traitement de la toxicomanie, les traitements pour l'hépatite C, la gestion des cas, les services de soins primaires et de logement. Une tendance croissante consiste également à fournir des services médicaux aux populations touchées par le VIH (p. ex., gais, autochtones, personnes venant de pays où le VIH est endémique) dans un cadre qui peut également offrir un soutien culturel, la défense des droits des clients, du counseling, des services de prévention et de soutien social (en l'occurrence, un guichet unique pour les clients), particulièrement dans les plus grands centres qui ont une masse critique de personnes dans une population ou une communauté aux prises avec le VIH/sida.

Nous devons également fournir le soutien et les connaissances dont les organismes de première ligne ont besoin pour renforcer leurs services, mettre en place des modèles novateurs de soins et de soutien et créer des liens qui aideront à répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH/sida et des communautés à risque. Le présent document se concentre avant tout sur les services de première ligne suivants : les initiatives dirigées par des pairs, les organismes communautaires de lutte contre le sida, les chercheurs et les services de première ligne non spécifiques au VIH.

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Initiatives dirigées par des pairs

Depuis le début de l'épidémie, les personnes vivant avec le VIH et vulnérables au VIH ont joué un rôle essentiel dans l'établissement de programmes et de services communautaires, dans l'élaboration des politiques fédérales, provinciales et territoriales et dans la revendication de recherche et de traitements. Les lignes directrices internationales sur le VIH et les droits de la personne établies par l'ONUSIDA et le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme demandent à tous les pays de « s'assurer au moyen d'un soutien financier et politique que les communautés sont consultées à toutes les étapes de l'élaboration des politiques, de la conception, de la mise en œuvre de programmes et des évaluations qui ont trait au VIH/sida. » [traduction libre]. Ces lignes directrices sont conformes à la politique du gouvernement fédéral sur l'engagement des citoyens de même qu'à de nombreuses politiques et pratiques locales, provinciales et territoriales.

Alors que les gais ont démontré depuis longtemps qu'ils savent s'organiser pour fournir un soutien social et assumer un leadership politique, on ne peut pas en dire autant des autres communautés à risque – bien que des efforts récents chez des personnes qui utilisent des drogues pour obtenir et organiser des mesures de réduction des méfaits telles que les programmes d'échange de seringues et les sites d'injection supervisés aient connu un grand succès (plusieurs études démontrent que les interventions assistées ou dirigées par des pairs sont plus efficaces que celles des fournisseurs de soins de santé dans les populations de personnes qui utilisent des drogues.94 ).

Il faut en faire davantage pour permettre aux personnes vivant avec le VIH/sida de participer activement aux programmes et services qui touchent leur vie. Simultanément, il ne faut pas que le système en demande plus aux personnes vivant avec le VIH/sida qu'aux personnes souffrant d'autres maladies graves. Le système doit également fournir des accommodements qui tiennent compte des incapacités liées au VIH et des effets secondaires des médicaments.

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Organismes communautaires liés au sida

« On dit souvent des organismes non gouvernementaux qu'ils font preuve de plus de souplesse et d'ouverture face à des situations nouvelles et, par conséquent, qu'ils sont en mesure de réagir plus rapidement. Or, les gouvernements forcent régulièrement ces organismes à répondre à des exigences, et parfois à employer des méthodes, qui nuisent à l'efficacité de leurs propres services. Fait plus troublant encore, ils leur imposent parfois l'obligation de rendre des comptes avec une rigueur qu'ils ne s'imposent pas à eux-mêmes. Cela fait en sorte que certains organismes non gouvernementaux sont moins efficaces qu'ils pourraient l'être. …

Si nous croyons qu'un organisme non gouvernemental (...) offre un avantage considérable par rapport à un organisme gouvernemental, nous devons résister à la tentation de lui imposer un carcan qui aurait pour effet d'annihiler cet avantage. »95

Depuis le début de l'épidémie, les organismes communautaires de lutte contre le sida ont été des chefs de file en matière de revendication, d'élaboration de politiques, de développement communautaire, de renforcement de l'autonomie et de services. Ils jouent un rôle essentiel dans notre réponse collective au VIH. Au cours des 20 dernières années, la plupart des organismes ont vu leur clientèle croître de façon importante – en raison des ARV, les personnes séropositives vivent plus longtemps et leurs besoins se complexifient. Cependant, le financement n'a pas suivi le rythme, et la plupart des organismes disposent de moins de ressources qu'elles n'en avaient au début des années 90. De ce fait, les organismes communautaires de lutte contre le sida subissent de nombreuses pressions urgentes, notamment :

  • le besoin de travailler avec d'autres services et organismes, tels que les services de santé mentale, les services de traitement de la toxicomanie et de réduction des préjudices, les programmes de logement, les programmes de revenus, les banques alimentaires, les services juridiques et autres pour aider les clients à combler leurs besoins « de base » et faire face aux problèmes de justice sociale et de droits de la personne.
  • une plus grande dépendance à l'égard du financement à court terme et des levées de fonds, ce qui les empêche de fournir des services soutenus à long terme. Par exemple, les organismes communautaires de lutte contre le sida en l'Ontario rapportent que près de 55 p. cent de leur financement provient maintenant de sources qui ne sont pas stables ou fiables.96 La situation est aggravée par le manque de financement d'autres services sociaux et sanitaires requis par les personnes séropositives et les communautés à risque, tels que l'aide sociale, les services de santé mentale, le traitement des toxicomanies, les services d'entretien à la méthadone et le counseling professionnel. Selon un récent rapport du Conseil canadien de développement social97, « [l]a capacité du secteur bénévole et sans but lucratif de jouer son rôle important dans la société canadienne est minée et érodée par les nouvelles stratégies de financement » [traduction libre], y compris un abandon du modèle de financement de base, un manque de volonté de financer les coûts administratifs, des périodes de financement plus courtes et plus imprévisibles, et plus de comptes à rendre. En raison des changements en matière de financement, « une grande partie du temps organisationnel est maintenant consacrée à la recherche de sources de financement à court terme, souvent au détriment de la mission et des activités essentielles des organismes. » [traduction libre] La plupart des organismes de lutte contre le VIH ont enregistré une diminution des montants recueillis lors des levées de fonds en raison de la fatigue des donateurs et de la plus grande concurrence.
  • les coupures de services. Selon une enquête auprès des organismes de lutte contre le sida de l'Ontario, au moins 50 p. cent de ceux-ci ont rapporté qu'ils avaient soit coupé, soit aboli certains des services qu'ils offraient, y compris les programmes de prévention, les programmes éducatifs, les programmes d'accompagnement, les services d'emploi, les services de transport, les banques alimentaires et le soutien/services financiers. Une proportion importante (25 à 50 p. cent) des organismes ont également rapporté avoir coupé dans les programmes de counseling, de développement communautaire, de sensibilisation communautaire, de diffusion communautaire, d'activités spéciales, de production/distribution de documents et autres ressources concernant les pratiques sexuelles sans risque et les services d'urgence. Tous les organismes ont rapporté qu'ils ne sont plus en mesure de répondre adéquatement aux besoins de leurs clients dans aucun de leurs rôles essentiels.98
  • des niveaux élevés de surmenage et de roulement du personnel, en raison des faibles salaires comparativement aux autres organismes de services sociaux et sanitaires, aux chances limitées d'avancement, aux besoins de plus en plus complexes des clients, à l'incertitude du travail contractuel à court terme, au manque d'avantages sociaux et à l'instabilité organisationnelle. Le taux élevé de roulement entraîne un manque de continuité dans les soins, une diminution de la qualité des services, une augmentation des coûts de recrutement et de formation ainsi qu'une réduction des ressources pour les services de première ligne.
  • la difficulté de recruter des bénévoles, attribuable en partie à la concurrence qu'ils livrent aux autres organismes de services sociaux et sanitaires pour un bassin de bénévoles qui diminue sans cesse et à la perception du public à l'effet que le VIH n'est plus un problème aussi important. Certains organismes ont également de la difficulté à confier aux bénévoles des tâches pour les clients qui ont des besoins constants et de plus en plus complexes.
  • une augmentation de la charge de travail administratif pour rendre compte aux bailleurs de fonds de l'utilisation efficace des fonds.
  • moins de facilité à défendre les droits des clients et à revendiquer des changements structurels en raison des défis que représentent l'acquisition de compétences à cet égard, le manque de financement pour les activités de défense des droits et les inquiétudes liées au fait que les bailleurs de fonds ne renouvelleront peut-être pas leur financement à court terme si les organismes font des revendications.
  • le besoin d'avoir un accès plus rapide à l'information, aux conclusions des recherches et aux compétences qui peuvent aider à améliorer les programmes et services.

Nous devons répondre à ces questions afin d'améliorer nos programmes de prévention et de soutien du VIH.

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Les professionnels de la santé

Le Canada manque de professionnels de la santé disposés à travailler auprès des personnes séropositives. La plupart des soins pour le VIH sont dispensés par un petit nombre de spécialistes des maladies infectieuses et certains médecins de premier recours, plusieurs de ceux-ci œuvrant en milieu urbain. Nous manquons également de professionnels de la santé qui fournissent des services culturellement adaptés et accessibles sur le plan linguistique à certaines communautés comme celles des autochtones et des personnes venant de pays où le VIH est endémique.

Le manque de professionnels de la santé dans ce domaine est amplifié par le manque généralisé de médecins et d'infirmières (Romanow, 2002) et par le fait qu'une proportion importante des personnes qui ont fourni des soins de santé depuis les débuts de l'épidémie approche maintenant de la retraite.

En raison de la complexité des soins requis par le VIH, les professionnels qui ne voient qu'un petit nombre de clients ont du mal à demeurer au fait des plus récentes avancées dans le domaine. Cette situation est particulièrement difficile pour les professionnels qui travaillent dans de petites communautés et qui n'ont pas facilement accès aux spécialistes qui sont en mesure de leur fournir des informations et de les conseiller.

Pour améliorer la capacité de notre première ligne de fournir des soins et des traitements aux personnes séropositives, nous devons régler les problèmes qui éloignent les professionnels de ce domaine de la santé, y compris :

  • l'inconfort de travailler avec les populations marginalisées les plus touchées par le VIH;
  • le manque d'éducation au sujet des soins associés au VIH;
  • le manque de confiance dans leur aptitude à gérer les soins complexes que nécessitent les personnes séropositives;
  • le manque d'accès aux conseils et au soutien de spécialistes;
  • les systèmes de remboursement qui ne reconnaissent pas le temps requis pour prodiguer les soins complexes requis par le VIH.

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Les chercheurs

Dans le cadre de l'engagement de la SEAGNU, le Canada a convenu des mesures suivantes :

  • augmenter et accélérer les recherches sur les vaccins contre le VIH, et augmenter les recherches visant à améliorer la prévention, les soins, les traitements, les méthodes de prévention contrôlées par les femmes, les microbicides et les moyens de prévenir la transmission mère-enfant;
  • adopter des approches pour contrôler l'efficacité des traitements, la toxicité, les effets secondaires, l'interaction des médicaments, la résistance et les effets des traitements pour le VIH sur la transmission et les comportements à risque;
  • renforcer le processus de coopération et transférer les conclusions des recherches et les pratiques exemplaires aux personnes qui peuvent les utiliser.

Au cours des 20 dernières années, le Canada a formé un groupe de chercheurs extrêmement compétents qui ont fait des contributions majeures aux efforts mondiaux visant à comprendre et mettre un terme au VIH avec un investissement relativement peu élevé dans la recherche, dont : la découverte du 3TC, la création du Réseau canadien des essais et ses travaux, y compris la validation de l'efficacité des inhibiteurs de protéase dans les combinaisons antirétrovirales, la documentation de l'immunologie du VIH parmi les travailleurs du sexe en Afrique, les travaux majeurs sur la résistance aux médicaments, les contributions aux recherches internationales sur le vaccin, des études pour relever les facteurs comportementaux qui contribuent à la propagation du VIH au sein de différentes populations et de la recherche sur les initiatives de réduction des préjudices pour les personnes qui utilisent des drogues injectables. Les chercheurs canadiens participent activement aux recherches fondamentales, comportementales/psychosociales, cliniques et épidémiologiques sur le VIH et à la surveillance, au contrôle et à l'évaluation. Le Canada a également établi des bases solides en recherche communautaire, à laquelle participent directement les personnes vivant avec le VIH et les organismes communautaires dans le cadre de la précision des questions de recherche, de la réalisation de la recherche et de l'utilisation de ses conclusions pour améliorer les services. Grâce à l'Association canadienne de la recherche sur le VIH (ACRV), les chercheurs canadiens du domaine du VIH organisent et coordonnent leurs efforts de recherche.

Pour améliorer notre capacité de recherche, nous devons relever un certain nombre de défis, notamment :

  • le rôle du Canada dans les efforts mondiaux de recherche. Comme il n'est qu'un des partenaires dans la recherche internationale sur le VIH, le Canada doit définir les rôles spécifiques qui lui permettront de faire un meilleur usage de ses compétences/ressources et d'éviter les dédoublements;
  • le besoin urgent d'attirer de nouveaux chercheurs dans le domaine du VIH. Le Canada doit continuer de favoriser le développement, le mentorat et le soutien aux chercheurs dans ce domaine;
  • le besoin de soutien pour la recherche communautaire. Ce domaine en est à ses débuts et a besoin de temps et de ressources pour se développer pleinement;
  • le manque de financement pour la recherche sur le VIH. Actuellement, le Canada est loin derrière plusieurs autres pays en ce qui concerne le financement de la recherche sur le VIH. Par exemple, alors que le Canada dépense environ 1,3 million de dollars annuellement pour la recherche sur un vaccin, les États-Unis y investissent 400 millions de dollars US (environ 485 millions de dollars CA) et la France 8 millions d'euros (approximativement 12,7 millions de dollars CA).99 , 100
  • l'écart entre la recherche et la pratique. Les conclusions des recherches doivent être utilisées plus efficacement pour améliorer les programmes et services;
  • le besoin urgent de développer des traitements sûrs plus efficaces et le défi que représente la collision de deux épidémies majeures : le VIH et l'hépatite C (voir la Section 4);
  • les défis liés à la viabilité. Les chercheurs s'épuisent ou quittent le domaine. Davantage de soutien et de sécurité sont essentiels pour ce travail exigeant.

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Autres organismes qui partagent la responsabilité d'offrir des services aux personnes séropositives

La première ligne n'est pas limitée aux services conçus spécifiquement pour le VIH. Les personnes vivant avec le VIH/sida et les communautés à risque utilisent de nombreux autres services sociaux et sanitaires, notamment les services de santé mentale, les services de toxicomanie et de réduction des méfaits, les programmes de logement, les banques alimentaires, les refuges, les programmes pour les femmes, les services pour les jeunes, les services des établissements, les services juridiques, les services de soins à domicile, les programmes de soins palliatifs, les programmes et services de réhabilitation et autres. Pour les aider à partager la responsabilité de répondre aux besoins des personnes vivant avec le VIH/sida et des communautés à risque, et pour créer un véritable système de services, nous devons répondre aux problèmes suivants :

  • leurs besoins d'obtenir de meilleurs renseignements sur le VIH et sur les besoins des personnes et des communautés touchées;
  • tout inconfort qu'ils peuvent ressentir en travaillant avec des personnes et des communautés touchées par le VIH;
  • leurs besoins de niveaux appropriés de financement pour remplir leurs rôles partagés.

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Résultats visés

  • Tous les organismes et toutes les personnes offrant des services aux personnes vivant avec le VIH/sida et aux communautés à risque possèderont les compétences, les connaissances, les ressources et la capacité requises pour répondre aux besoins émergents et changeants;
  • Les personnes vivant avec le VIH/sida et les communautés à risque participeront plus activement aux programmes et services qui touchent leur vie et joueront un rôle de premier plan dans la réponse du Canada au VIH/sida;
  • Les organismes communautaires de lutte contre le sida seront des leaders en développement de modèles novateurs de services répondant aux causes fondamentales des infections par VIH et des autres maladies, en identification des besoins des personnes séropositives, du diagnostic jusqu'à la mort, et en développement de services qui répondent à ces besoins;
  • La capacité des organismes communautaires de lutte contre le sida de traiter de questions de justice sociale et de défendre les droits et intérêts des personnes et des structures aura considérablement augmenté;
  • Le Canada possèdera un nombre suffisant de professionnels de la santé qui connaissent très bien le VIH et qui veulent prodiguer des soins;
  • Les chercheurs canadiens continueront de faire des contributions importantes et mesurables à l'ensemble des connaissances mondiales sur le VIH, ainsi qu'à notre aptitude à traiter et à mettre un terme à cette maladie;
  • Les autres organismes qui fournissent des services aux personnes vivant avec le VIH/sida et aux communautés à risque possèderont les connaissances et les compétences requises pour faire partie d'un système de services efficace.

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Objectifs

D'ici 2010 :

Initiatives dirigées par des pairs

  • Des organismes efficaces, possédant les ressources adéquates et dirigées par des pairs, seront en place aux niveaux local, provincial/territorial et national;
  • Tous les organismes financés pour offrir des services associés au VIH auront des politiques visant à assurer la participation significative des personnes vivant avec le VIH/sida et des communautés à risque;
  • Les personnes vivant avec le VIH/sida seront représentées dans tous les groupes qui conseillent les gouvernements et les organismes non gouvernementaux, et qui planifient et offrent les programmes et services liés au VIH;
  • Les personnes vivant avec le VIH/sida et les membres des communautés à risque joueront un rôle de chef de file en matière de conception et de prestation de leurs services.

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Organismes communautaires de lutte contre le sida

  • Les organismes communautaires de lutte contre le sida possèderont les connaissances, les compétences, les ressources et la capacité requises pour répondre aux besoins sociaux et sanitaires complexes des personnes vivant avec le VIH/sida et des communautés à risque;
  • Les organismes communautaires de lutte contre le sida seront des chefs de file pour régler les problèmes de justice sociale, juridiques, éthiques et des droits de la personne et pour entretenir des relations de travail avec d'autres services sociaux et sanitaires qui reflètent leur responsabilité partagée à l'égard de la santé et du bien-être des personnes vivant avec le VIH/sida et des populations à risque;
  • Les organismes communautaires de lutte contre le sida seront en mesure d'attirer et de conserver des employés très compétents et très motivés;
  • Les organismes communautaires de lutte contre le sida et les organismes dirigés par des pairs partout au Canada possèderont les ressources nécessaires pour défendre les droits des personnes et revendiquer des changements systémiques qui profiteront aux populations à risque.

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Professionnels de la santé

  • Le nombre de professionnels de la santé donnant des soins aux personnes séropositives/sida augmentera;
  • La proportion de professionnels de la santé qui ont reçu une formation sur le VIH dans le cadre de leur formation initiale et continue augmentera;
  • Les fournisseurs de soins primaires auront un accès facile au soutien et aux conseils de spécialistes.

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Chercheurs

  • Le Canada possèdera un plan global et ciblé de recherche sur le VIH;
  • De nouveaux chercheurs seront attirés dans le domaine, y demeureront et y feront des contributions mesurables;
  • Le Canada haussera sa contribution aux efforts mondiaux pour améliorer les traitements et développer des microbicides et un vaccin;
  • Les conclusions de la recherche auront une incidence directe et mesurable sur la pratique;
  • Le Canada offrira un environnement dynamique et encourageant pour les chercheurs sur le VIH dans toutes les disciplines.

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Autres fournisseurs de services

  • Les employés travaillant dans d'autres organismes rapporteront une meilleure compréhension des problèmes auxquels font face les personnes vivant avec le VIH/sida et les populations à risque;
  • Les employés travaillant dans d'autres organismes se diront plus à l'aise et plus confiants lorsqu'ils fournissent des services aux personnes vivant avec le VIH et les populations à risque;
  • Les personnes vivant avec le VIH se diront plus satisfaites des services qu'elles reçoivent des autres organismes.

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Activités

Général

6.1 Concevoir des modèles de financement qui amélioreront la capacité de la première ligne d'intervenir rapidement et de garder le cap en réduisant le recours aux projets de financement à court terme et en permettant la planification et les actions à plus long terme.
6.2 Impliquer les personnes vivant avec le VIH/sida et les communautés à risque dans l'établissement des priorités, la planification et la prestation de tous les programmes et services associés au VIH (ex. le diagnostic, les soins, les traitements, le soutien, la recherche) et les conseils donnés aux gouvernements et aux autres décideurs.
6.3 Fournir des occasions de bénévolat et d'emplois aux personnes vivant avec le VIH et aux membres des populations à risque.

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Initiatives dirigées par des pairs

6.4 Fournir du soutien aux organismes autonomes et aux groupes de défense des droits pour les personnes vivant avec le VIH/sida à l'échelle du Canada.
6.5 Fournir du soutien aux organismes autonomes et aux groupes de défense des droits pour les communautés à risque.
6.6 Fournir des programmes de développement des capacités afin d'aider les personnes vivant avec le VIH/sida et les communautés à risque à développer des compétences pour jouer un rôle de premier plan dans la planification, la prestation et l'évaluation de la recherche et des services liés au VIH.

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Organismes communautaires de lutte contre le sida

6.7 Augmenter la capacité des organismes communautaires de lutte contre le sida et des organismes dirigés par des pairs à régler les problèmes de justice sociale et de droits de la personne et pour défendre les individus et les communautés.
6.8 Créer des relations de travail efficaces entre les organismes de lutte contre le sida et les autres organismes qui partagent la responsabilité d'offrir des services aux personnes vivant avec le VIH/sida et aux populations à risque.
6.9 Mettre en œuvre et évaluer des modèles organisationnels novateurs qui ont le potentiel de répondre aux besoins sociaux et sanitaires complexes des communautés à risque et des personnes vivant avec le VIH/sida, à partir du diagnostic jusqu'à la mort.
6.10 Mettre en œuvre des stratégies pour attirer, former et conserver des bénévoles et des employés compétents.

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Professionnels de la santé

6.11 Veiller à ce que les professionnels des services sociaux et sanitaires aient des cours sur le VIH et sa gestion durant leur formation et aient accès à l'éducation permanente portant sur le traitement du VIH.
6.12 Concevoir des programmes éducatifs, de soutien, de mentorat et autres pour surmonter les obstacles qui empêchent d'attirer et de conserver le nombre et la combinaison appropriés de professionnels de la santé dans le domaine du diagnostic, des soins, des traitements et du soutien associés au VIH.
6.13 Examiner la possibilité d'utiliser la technologie pour relier les fournisseurs de soins primaires, particulièrement ceux des petites communautés, aux spécialistes des maladies infectieuses.
6.14 Élaborer des modèles de soins partagés qui examineraient le potentiel d'une approche d'équipe (p. ex., infirmières praticiennes, médecins de premier recours, spécialistes, physiothérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, conseillers d'orientation professionnelle, conseillers, nutritionnistes, services communautaires) pour répondre aux besoins complexes des clients et réduire la pression sur les seuls praticiens.

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Recherche

6.15 Élaborer un Plan d'action axé sur la recherche dans le domaine du VIH pour le Canada qui :
  • établira les priorités stratégiques de la recherche canadienne jusqu'en 2010, selon les besoins des personnes vivant avec le VIH/sida et des communautés à risque;
  • définira, selon les forces comparatives de notre recherche, la façon de respecter nos engagements de la SEAGNU et d'augmenter notre contribution à la recherche internationale pour développer de nouveaux traitements, vaccins et microbicides;
  • encouragera la collaboration entre les chercheurs afin d'atteindre des buts communs;
  • déterminera les stratégies pour attirer et encadrer de jeunes chercheurs;
  • déterminera les stratégies pour assurer que les conclusions des recherches soient partagées et que les nouvelles connaissances soient intégrées à la pratique;
  • améliorera notre capacité d'évaluer les interventions en fonction de leur aptitude à améliorer la santé et le bien-être des personnes vivant avec le VIH ou à freiner l'épidémie;
  • veillera à ce que le financement permette d'optimiser les résultats;
  • gardera les chercheurs au Canada et dans le domaine.

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Autres organismes

6.16 Fournir la formation et la soutien dont les organismes/fournisseurs de services non reliés spécifiquement au VIH ont besoin pour jouer leur rôle.
6.17 Concevoir des modèles de soins qui tirent parti des connaissances, compétences et ressources des autres organismes/fournisseurs de services.

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Références

94
Grund JP, Blanken P, Adriaans NF, Kaplan CD, Barendregt C, Meeuwsen M. « Reaching the unreached : targeting hidden IDU populations with clean needles via known user groups ». J Psychoactive Drugs. Vol. 24 no 1 p.41-7. 1992.

95
Skirrow, J. « Leçons de la Commission Krever - un point de vue personnel », Bulletin canadien VIH/sida et droit, 1999, vol. 4 nos 2/3. Disponible à l'adresse www.aidslaw.ca.

96
Ontario AIDS Network. « Stemming the Tide: The Case for More Investment in Community-based HIV/AIDS Prevention and Support Services ». Janvier 2004.

97
Scott K. « Le financement, ça compte : l'impact du nouveau régime de financement au Canada sur les organismes bénévoles et communautaires à but non lucratif. Rapport sommaire » Conseil canadian de développement social, en collaboration avec le Regroupement des organisations naionales bénévoles.  2003.

98
Ontario AIDS Network. « Stemming the Tide: The Case for More Investment in Community-based HIV/AIDS Prevention and Support Services ». Janvier 2004.

99
Standing Committee on Health, Strengthening the Canadian Strategy on HIV/AIDS. Canada. 2003.

100
Canadian dollar amounts estimated as of January 2005.

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