Le Plan d'action : Ce que nous ferons d'ici à 2010

1. Accroître la sensibilisation aux effets du VIH/sida et renforcer l'engagement en faveur d'un financement durable des programmes et des services liés au VIH/sida

Justification

Malgré l'absence de campagnes intensives de sensibilisation au VIH depuis 10 ans, la plupart des Canadiens pensent que le VIH est un problème de santé sérieux (60 p. cent le considèrent très sérieux et 35 p. cent passablement sérieux).41 Une enquête effectuée auprès de jeunes Canadiens de 7e, 9e et 11e années révèle que la plupart des élèves connaissent relativement bien le VIH, et que leur niveau de connaissance augmente proportionnellement en fonction de l'âge.42 Ce niveau relativement élevé de sensibilisation du public/jeunes est probablement attribuable à :

  • la couverture médiatique de l'épidémie internationale;
  • l'éducation sexuelle (l'école était la principale source d'information au sujet de la sexualité et du VIH pour 51 p. cent des garçons et 41 p. cent des filles en 9e année et pour 67 p. cent des garçons et 58 p. cent des filles en 11e année)43

Bien que le grand public connaisse relativement bien le VIH, certaines personnes ont des idées fausses qui pourraient affecter le soutien continu des programmes de lutte contre le VIH. Par exemple, environ 81 p. cent des Canadiens interrogés pensent que les traitements actuellement disponibles sont efficaces, et 17 p. cent croient que si les personnes séropositives sont traitées rapidement, la maladie peut-être guérie -- ce qui est évidemment faux.44 Les jeunes tendent à avoir les mêmes idées fausses 45qui sont souvent renforcées par l'absence de couverture médiatique sur la question du VIH et par des articles erronés dans les médias.

Pour atteindre nos objectifs, nous devons corriger ces idées fausses et maintenir ou augmenter le niveau actuellement élevé de sensibilisation au sujet du VIH au sein du grand public, y compris les jeunes, de la communauté et des dirigeants politiques. Nous avons besoin du soutien du grand public pour assurer le maintien du soutien gouvernemental de même que celui du secteur privé qui fait des dons pour les programmes et services liés au VIH.

Le niveau de soutien gouvernemental peut être mesuré selon le leadership (c.-à-d. se prononcer sur des problèmes reliés au VIH, créer des forums nationaux sur le VIH et aborder le financement des programmes et services liés au VIH, au pays et à l'étranger). Au cours des 10 dernières années, les gouvernements du Canada ont consacré moins de fonds par habitant au VIH que d'autres pays développés qui ont enregistré des taux plus bas de transmission du VIH (p. ex., le Royaume-Uni, l'Australie). Les Canadiens soutiennent généralement un niveau approprié de dépenses gouvernementales pour la lutte contre le VIH 46et on constate une certaine volonté politique en faveur du financement. Par exemple, en juin 2003, le Comité permanent sur la santé a recommandé d'augmenter de 100 millions de dollars le financement consacré à la Stratégie canadienne sur le VIH/sida 47 et le gouvernement fédéral a suivi cette recommandation.

Malgré l'augmentation du financement gouvernemental, les organismes qui offrent des programmes et services liés au VIH devront toujours se battre contre les autres services de santé pour des ressources limitées. Une étude commandée par le Conseil du Ministre sur le VIH/sida établit le bien-fondé d'un financement gouvernemental durable pour le VIH, et cette information devrait être utilisée pour revendiquer un financement adéquat.48

Il est également important que tous les participants à tous les niveaux sollicitent le secteur privé et les donateurs privés. Par exemple, les contributions à la British Columbia Persons With AIDS Society ont chuté de 25 p. cent au cours de chacune des deux dernières années.49 Dans leurs efforts pour recueillir des dons du secteur privé, les organismes associés au VIH font la concurrence à de multiples causes sociales et sanitaires. Pour concurrencer efficacement, ils ont besoin de diffuser des messages clairs, cohérents et continuels au sujet de l'impact du VIH sur la société et des avantages d'investir dans des programmes et services de lutte contre le VIH.

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Résultats visés

Le public canadien :

  • sera sensibilisé à l'impact du VIH au Canada et dans le reste du monde;
  • comprendra les facteurs qui contribuent à l'épidémie;
  • reconnaîtra le besoin de programmes et services de prévention du VIH ainsi que de soins, de traitements et de soutien aux personnes touchées par l'épidémie;
  • recevra à l'école une éducation sexuelle globale et cohérente qui comprendra un volet sur le VIH;
  • connaîtra les infections transmises sexuellement ou par le sang (ITS), y compris le VIH, la façon dont les ITS se propagent et les moyens de se protéger;
  • cessera la discrimination et la stigmatisation à l'endroit des personnes vivant avec le VIH/sida.

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Les dirigeants politiques du Canada :

  • seront sensibilisés à l'impact du VIH au Canada et dans le reste du monde;
  • comprendront les facteurs qui contribuent à l'épidémie;
  • soutiendront une approche globale pour enrayer l'épidémie, y compris la nécessité de fournir un financement adéquat durable, de reconnaître l'impact des déterminants sociaux de la santé et de mettre en place des lois et des politiques de soutien au sein des ministères, divisions et directions du gouvernement;
  • se prononceront sur le VIH/sida et sur l'engagement du Canada à intensifier ses efforts.

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De plus,

  • les dépenses par habitant pour le VIH au Canada seront comparables à celles des autres pays développés qui ont connu des taux moins élevés de transmission du VIH (p. ex., Royaume-Uni, Australie);
  •  Le secteur des affaires fera preuve d'un meilleur leadership et augmentera son soutien à la lutte contre le VIH;
  •  Les personnes vivant avec le VIH/sida seront plus visibles à appeler le Canada et le monde entier à l'action.

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Objectifs

Sensibilisation

  • Entre 2004 et 2010, la sensibilisation du public à l'égard de l'impact du VIH au Canada et dans le monde demeurera de l'ordre de 90 p. cent ou plus;
  • D'ici 2010, la proportion du public canadien ayant de fausses idées sur le VIH chutera de 50 p. cent;
  • Entre 2004 et 2010, la couverture médiatique du VIH s'accroîtra, sera précise et positive;
  • D'ici 2010, la proportion de jeunes Canadiens capables de répondre correctement à des questions sur la transmission et la prévention VIH augmentera de 10 à 15 p. cent;
  • D'ici 2010, l'éducation sexuelle -- y compris de l'information sur le VIH/sida -- fera partie de tous les programmes scolaires au Canada et sera offerte de façon cohérente;
  • D'ici 2010, le nombre de fois que les dirigeants politiques se prononceront clairement sur la question du VIH augmentera considérablement;
  • Le premier ministre du Canada procèdera à l'ouverture du Congrès international sur le sida de 2006, à Toronto.

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Engagement à l'égard d'un financement durable

  • D'ici 2007, tous les gouvernements auront adopté une stratégie ou établi leur rôle dans ce Plan d'action;
  • Entre 2005 et 2010, le soutien public du financement gouvernemental des programmes de lutte contre le VIH demeurera de l'ordre de 90 p. cent ou plus;
  • Le financement fédéral atteindra le niveau proposé par le Comité permanent sur la santé de la Chambre des communes (100 millions de dollars) dès que possible;
  • D'ici 2008, les gouvernements provinciaux/territoriaux auront augmenté leurs budgets ou attribué des fonds dédiés au VIH/sida, en plus des sommes requises pour fournir des soins et des traitements (c.-à-d. les médecins et les services hospitaliers);
  • D'ici 2010, les dons privés aux causes associées au VIH auront sensiblement augmenté;
  • D'ici 2010, le secteur des affaires haussera son soutien financier et participera davantage aux activités de parrainage et autres qui sont reliées au VIH/sida, au pays et à l'étranger.

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Activités

Sensibilisation

1.1 Recenser les leaders de premier plan à tous les niveaux -- parmi les personnes vivant avec le VIH, les groupes à risque, les communautés locales, ainsi que les gouvernements municipaux, provinciaux, territoriaux et fédéral -- qui engagent le débat et sensibilisent la population au sujet du VIH et ses répercussions.
1.2 Élaborer des stratégies de communications à long terme et des messages clés pour le public, les dirigeants politiques et les médias au sujet de l'incidence du VIH, de l'épidémie qui continue de se propager au Canada et dans le monde et du besoin d'un financement et d'un soutien continus.
1.3 S'assurer que l'éducation sexuelle, y compris le VIH, est une matière obligatoire dans tous les programmes scolaires et dans toutes les écoles.
1.4 Faire un usage plus efficace et plus stratégique des médias -- à l'échelle nationale, provinciale, territoriale et locale -- pour accroître la sensibilisation et corriger les idées fausses à propos du VIH.
1.5 Miser sur le Congrès international sur le sida de 2006, à Toronto, pour augmenter la couverture médiatique, la sensibilisation du public et des dirigeants politiques à la lutte contre le VIH.
1.6 Renforcer la capacité -- à l'échelle nationale, provinciale, territoriale et locale -- de répondre immédiatement à toute information négative ou imprécise concernant le VIH/sida, les personnes vivant avec le VIH ou vulnérables au virus, et les facteurs qui affectent leur santé.

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Engagement à l'égard d'un financement soutenu

1.7 Assurer un financement public, privé et gouvernemental, adéquat et soutenu pour les programmes et services associés au VIH/sida de même que pour d'autres initiatives qui s'attaquent aux facteurs sociaux et aux iniquités qui alimentent l'épidémie.
1.8 Poursuivre l'examen des coûts sociaux et économiques du VIH/sida et concevoir des modèles économiques servant à revendiquer un financement adéquat et durable.

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Recherche/surveillance

1.9 Continuer de sonder le grand public et les jeunes au Canada, à intervalles réguliers, pour vérifier leur sensibilisation, leur niveau de connaissances et leur soutien par rapport aux services associés au VIH. Utiliser les conclusions pour améliorer les programmes de sensibilisation.
1.10 Surveiller les investissements publics et privés dans les programmes et services associés au VIH et utiliser les conclusions pour revendiquer un financement adéquat.
1.11 Réévaluer l'attribution des ressources dédiées au VIH afin d'atteindre des buts communs.

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Références

41
EKOS Research Associates. Étude sur la sensibilisation à l'égard du VIH/sida. Mars 2003.

42
Conseil des ministres de l'Éducation. Étude sur la jeunesse canadienne, la santé sexuelle et le VIH/sida. Les facteurs qui influencent les connaissances, les attitudes et les comportements. 2003.

43
Ibid.

44
EKOS Research Associates. Étude sur la sensibilisation à l'égard du VIH/sida. Mars 2003.

45
Conseil des ministres de l'Éducation. Étude sur la jeunesse canadienne, la santé sexuelle et le VIH/sida. Les facteurs qui influencent les connaissances, les attitudes et les comportements. 2003.

46
EKOS Research Associates. Étude sur la sensibilisation à l'égard du VIH/sida. Mars 2003.

47
Comité permanent sur la santé. « Renforcer la stratégie canadienne sur le VIH/sida », juin 2003.

48
Martin Spigelman Research Associates and The Project Group. « Taking Stock: Assessing the Adequacy of the Government of Canada Investment in the Canadian Strategy on HIV/AIDS », janvier 2001.

49
Vancouver Sun. Septembre 2004

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