État actuel de l'épidémie :
raisons pour lesquelles nous devons redoubler d'effort

8. Il faut accroître et stabiliser le financement pour suivre le rythme de l'épidémie

Le financement des programmes et des services spécifiques au VIH provient de plusieurs sources : ministères provinciaux et territoriaux de la Santé et des Services sociaux, ministères et bureaux fédéraux (p. ex., l'Agence de santé publique du Canada, Santé Canada, Services correctionnels Canada, ACDI), organismes fédéraux et provinciaux de financement de la recherche, administrations municipales, fondations et organismes caritatifs. Le financement provient également d'autres programmes et services gouvernementaux qui desservent les populations touchées par le VIH, tels que les Services correctionnels, les programmes pour toxicomanes, les programmes liés aux ITS ainsi que les programmes pour les autochtones, les nouveaux immigrants et la jeunesse.

Alors que les autres initiatives sanitaires dépendent de dons privés pour financer leurs activités, les programmes et services liés au VIH n'ont jamais reçu le même niveau de soutien philanthropique. Cela s'explique en partie par le fait que le VIH touche une proportion relativement réduite de la population comparativement aux maladies cardiaques ou au cancer. Toutefois, d'autres facteurs influencent également le niveau de financement privé remis au VIH/sida. Depuis la fin des années 90, les dons personnels et corporatifs aux organismes de lutte au VIH ont baissé considérablement : cela reflète autant l'idée fausse selon laquelle le VIH est maintenant une maladie traitable que la marginalisation de plusieurs groupes de personnes séropositives comme les personnes qui utilisent des drogues.27

Du fait que le VIH reçoit moins de soutien de la part des citoyens et des entreprises, il est impérieux que tous les paliers de gouvernement assurent un financement stable à long terme aux programmes de lutte contre le VIH afin de pallier l'ampleur, les coûts et la complexité de l'épidémie.

Entre 1993 et 2003, la demande pour les programmes et services spécifiques au VIH a connu une augmentation de 43 p. cent, d'une part en raison des nouvelles infections, et d'autre part, du fait que les personnes séropositives vivent plus longtemps.28 En raison du manque de financement, « les efforts importants de prévention ne se sont pas poursuivis et aucun nouveau programme de prévention n'a été créé; aucune nouvelle politique n'a été élaborée et aucune recherche importante n'a été effectuée; les organismes communautaires ont été affaiblis et ont dû se livrer concurrence plutôt que de coopérer ».29 Pour plusieurs organismes -- particulièrement les organismes communautaires de lutte contre le sida -- ceci a entraîné une augmentation du surmenage et du roulement des employés et des bénévoles.

Les organismes et les administrations rapportent également qu'ils ont de plus en plus de difficulté à recruter et à conserver les personnes et les connaissances, ce qui inclut les employés des organismes communautaires, les bénévoles, les médecins et les chercheurs. Alors qu'une partie de cette lacune est imputable au manque de ressources, une autre partie est attribuable à la complexité croissante des soins requis pour le VIH/sida (de la part des médecins), au défi de travailler avec des populations marginalisées, à l'idée fausse selon laquelle le VIH ne représente plus un problème aussi important et au fait que les organismes communautaires de lutte contre le sida ne peuvent pas concurrencer les salaires offerts par le secteur privé et même par certains organismes du secteur public.

L'obtention d'un financement stable à long terme pour les programmes de VIH est également un problème d'envergure mondiale. Bien que de nombreux pays se soient engagés à relever leur financement, il manque toujours la somme annuelle de 10 milliards de dollars américains pour lutter contre l'épidémie à l'échelle mondiale.30

Références

27
Martin Spigelman Research Associates. « Prendre le pas sur l'épidémie : le rôle du gouvernement fédéral dans la Stratégie canadienne sur le VIH/sida 1998-2008 », 2003.

28
Ibid.

29
Ibid.

30
Il s'agit des besoins de financement établis par le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et la malaria.

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