État actuel de l'épidémie :
raisons pour lesquelles nous devons redoubler d'effort

5. La pauvreté, l'itinérance et d'autres facteurs sociaux alimentent l'épidémie

Même si le VIH est causé par un virus et aggravé par les stigmates, sa propagation est également alimentée par plusieurs facteurs sociaux comme la pauvreté, l'itinérance, le manque de soutien social, la violence physique et sexuelle, les expériences de la petite enfance et le manque d'éducation. Ces déterminants sociaux peuvent mener à un sentiment d'impuissance dans les relations, à un manque d'estime de soi, à un manque de sens de la communauté et à d'autres problèmes de santé (p. ex. problèmes de dépendance ou de santé mentale) qui affaiblissent le jugement des personnes ou leur aptitude à se protéger. Un jeune sans abri qui échange des faveurs sexuelles contre un toit ou de quoi manger peut être dans l'impossibilité de négocier des pratiques sexuelles sans risque. Une femme dont le statut d'immigrante ou la sécurité financière dépend de son partenaire peut être limitée quant à son aptitude à se protéger. Un gai plus âgé qui s'inquiète de son aptitude à concurrencer dans une culture axée sur la jeunesse et l'aspect physique peut échanger la protection d'un condom contre des relations sexuelles. La violence contre les femmes peut avoir une incidence directe sur leur vulnérabilité. Par exemple, les femmes qui sont dans des relations violentes peuvent être forcées d'avoir des relations sexuelles non protégées.

La pauvreté et d'autres facteurs sociaux tels que le manque d'emplois flexibles ou de couvertures adéquates d'assurance-invalidité peuvent également empêcher les personnes séropositives de demeurer en santé. Comme il a déjà été mentionné, beaucoup sont incapables d'assumer les coûts élevés des médicaments sur ordonnance ou des thérapies complémentaires qui ne sont pas couverts par les régimes d'assurance-médicaments gouvernementaux ou privés. Les personnes mal logées ont également de la difficulté à suivre les régimes des traitements.

Parce que les iniquités sociales alimentent l'épidémie, nous devons lutter pour la justice sociale. Pour enrayer la propagation du VIH et améliorer les soins, nous devons combattre autant les comportements à risque (c.-à-d., les  relations sexuelles non protégées et l'utilisation de seringues non sécuritaires) que les déterminants sociaux élargis qui empêchent les gens de faire des choix sains ou de rester en santé.