État actuel de l'épidémie :
raisons pour lesquelles nous devons redoubler d'effort

1. Les cas de nouvelles infections augmentent

Le nombre de Canadiens séropositifs augmente toujours. À la fin de 2002, environ 56 000 personnes au Canada étaient séropositives 2, une augmentation de 12 p. cent par rapport aux estimations de 1999. En fonction des catégories d'exposition, le nombre de cas d'infection en 2002 était composé de 32 500 hommes homosexuels (58 p. cent au total), de 11 000 personnes qui utilisent des drogues injectables (20 p. cent au total), de 10 000 hétérosexuels (18 p. cent), de 2 200 homosexuels qui utilisent des drogues injectables (4 p. cent) et de 300 cas liés à d'autres catégories d'exposition (moins de 1 p. cent).

Environ 17 000 des 56 000 personnes séropositives au Canada, soit environ 30 pour cent, ne savent pas qu'elles sont infectées. Elles constituent « l'épidémie cachée » : les personnes qui, ignorant leur état, ne peuvent avoir accès à des services de soutien, de traitement et de prévention qui pourraient les aider à gérer leur maladie et à prolonger leur vie. Un nombre important de personnes de ce groupe ne sont pas diagnostiquées avant les dernières phases de la maladie, alors que les médicaments ne sont plus vraiment efficaces.

Le nombre de nouveaux cas d'infection continue de croître au même rythme qu'il y a trois ans. Au Canada, on comptait environ de 2 800 à 5 200 nouvelles infections en 2002; de ce nombre, entre 600 et 1 200 cas se trouvaient chez les femmes, soit une proportion de 23 p. cent.

Le VIH continue d'avoir un impact disproportionné sur certains segments de la société. Selon les estimations de 2002 par catégorie d'exposition, les hommes ayant des relations avec d'autres hommes constituent la majorité des nouvelles infections, soit de 1 000 à 2 000 cas (40 p. cent du total de nouveaux cas à l'échelle nationale). La proportion de nouvelles infections parmi les personnes qui utilisent des drogues injectables était de 30 p. cent, et 24 p. cent était attribuable à la catégorie des hétérosexuels.

La catégorie d'exposition « hétérosexuels » est un groupe varié comprenant les personnes qui ont eu un contact sexuel avec une personne séropositive ou qui présente un risqué élevé de contracter le virus (personnes qui utilisent des drogues injectables ou hommes bisexuels), les personnes nées dans un pays où le VIH est endémique et celles qui n'ont pas de risque particulier sinon que d'avoir eu des relations sexuelles avec un partenaire du sexe opposé. On a estimé qu'en 2002, il y avait entre 3 700 et 5 700 cas d'infection au VIH, et entre 250 et 450 de ces nouveaux cas proviennent d'un pays où le VIH est endémique. Ces données représentent respectivement de 7 à 10 p. cent du total des cas d'infection, et de 6 à 12 p. cent du total des nouveaux cas au Canada.

Les autochtones continuent d'être surreprésentés parmi les personnes séropositives au pays. Alors qu'ils composent seulement 3,3 p. cent de la population canadienne en 2001, on a estimé qu'ils comptaient pour 5 à 8 p. cent des cas d'infection au VIH, et pour 6 à 12 p. cent de toutes les nouvelles infections en 2002.

Bien que les données épidémiologiques actuelles indiquent une faible prévalence du VIH parmi les jeunes, les données sur les comportements sexuels et les infections transmises sexuellement démontrent sans équivoque qu'il existe un réel danger de propagation du virus parmi cette population. Les jeunes Canadiens les plus à risque sont les jeunes de la rue, les travailleurs du sexe et les personnes qui utilisent des drogues injectables.

Selon les études épidémiologiques, on estime que le taux global de séropositivité dans les prisons est beaucoup plus élevé que le taux dans la population canadienne en général. Il est essentiel de mettre en œuvre des programmes de prévention et de traitement accessibles et novateurs pour les détenus en raison du taux élevé d'injection de drogues, de tatouage et de perçage non sécuritaires, de relations sexuelles non protégées et d'autres activités à risque en prison.

Références

2
Santé Canada. « Estimés nationaux de prévalence et d'incidence du VIH pour 2002. » Centre de prévention et de contrôle des maladies infectieuses. Relevé des maladies transmissibles. 1er décembre 2003, vol.29, no 23.

Dessus de la page